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23 Janvier 2010
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News -
Musique
Quel est l’artiste ou le disque de l’année ? Voila une question à laquelle l’on n’est pas prêt de répondre et autour de laquelle on est loin d’être unanime au Cameroun. En effet, chaque année c’est la cacophonie générale dans les médias et la contestation par le public du choix de l’artiste de l’année. Un épineux problème au point où dans sa parution du 14 janvier 2009(N°9517/5718), le quotidien gouvernement Cameroon Tribune lui consacre son dossier.
L’on a vraiment du mal à ce mettre d’accord en ce moment au Cameroun sur l’artiste de l’année 2009. Selon le journal, on est partagé entre Hugo Nyamé qui a explosé dans les hits parades, le groupe X Maleya qui a fait un tabac avec son tube ‘’Yélélé’’ et Ama Pierrot qui a fait un comeback plus que réussit avec son dernier album. Dans ce cafouillage il ne serait pas surprenant qu’on se retrouve avec 3 artistes de l’année différents d’un média à un autres ou d’un festival à un autre car chaque promoteur revendique son artiste et sur la base de ses critères d’attribution. Il faut reconnaitre d’ailleurs que le processus n’est pas toujours très objectif et est critiqué par de nombreux artistes qui s’insurgent contre le flou autour de la désignation de l’artiste de l’année.
Par ailleurs, la désignation de l’artiste de l’année se fait sans l’onction du ministère de la culture et aucune institution étatique ne régente les awards. Ce sont donc les chaînes de radio et de télé qui font office de références. A la Yaoundé FM 94 par exemple, l’on se réfère à l’émission Bamboola hit parade de Billy Show, la chaîne de télévision Canal 2 Internationale pour sa part s’appuie sur son Canal hit, alors que la RTS FM 90.5 met plutôt en place un comité de désignation composer de producteurs, de journalistes, d’animateur et d’artistes musiciens. La CRTV quant à elle essaye de fédérer les résultats des différents hits parades par la suite une liste est soumise au vote d’un jury composé de 45 journalistes et animateurs d’horizons divers. Parmi les critères de désignation on a la thématique, la structuration musicale, la popularité de la chanson ou de l’artiste et la durée ou la date de sortie. Ce dernier critère est de l’avis de Ghislain Ebang, animateur à la CRTV télé, « un critère essentiel qui manque à l’appel au Cameroun ».Ne parlons pas du critère prenant en compte le nombre d’album vendu. Dans un contexte où les pirates contrôlent le secteur musical, les distributeurs se sont tous reconvertis laissant le champ libre à la piraterie sauvage des œuvres de l’esprit.
Loin de servir l’artiste et son public, cet imbroglio autour de l’artiste de l’année décrédibilise les promoteurs et les résultats, dans un contexte camerounais ou règne la loi du pifomètre, le copinage et la corruption. Le grand perdant est en fin de compte le public, dupé par certains promoteurs sans scrupule qui ne voient en les awards qu’un fond de commerce plutôt juteux. Il faut de toute évidence trouver une solution à cet épineux problème. Pour François Bingono Bingono, communicateur culturel, « il convient de songer peut être à une institution étatique qui fédère toutes les radios et télévisons », alors que Ama Pierrot, meilleur artiste musicien de l’année 2008, pense plutôt à « une action médiatique en synergie » en plus des « critères de désignation encore plus objectifs » selon Narcisse Pryze, artiste musicien.
En attendant que les promoteurs s’accordent sur la parfaite gamme, certains ont déjà primés leurs lauréats. C’est le cas par exemple de Réné Ayina qui dans le cadre de son Festibikutsi 2009 a primé Claudia Dikosso comme « meilleure artiste féminin de bikutsi », Charmant M a quant à lui reçu l’award du « meilleur artiste masculin » et enfin Sanzi Viani a été désignée comme la « révélation bikutsi 2009 ». Après Réné Ayina, à qui le tour ?

Longuè Longuè, autre prétendat.
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